Passer au contenu

/ Faculté de l’apprentissage continu

Je donne

Rechercher

Dre Caroline Ouellet : une enseignante qui fait du savoir un espace de rencontre

Caroline Ouellet, lauréate du Prix d’excellence en enseignement 2026 de la Faculté de l’apprentissage continu

Lauréate du Prix d’excellence en enseignement 2026 de la Faculté de l’apprentissage continu de l’Université de Montréal, Dre Caroline Ouellet, psychologue à la clinique de blessures de stress opérationnel du CIUSSS de l’Ouest-de-Montréal, enseigne le cours Promotion et éducation de la santé au sein du certificat en santé publique et du certificat en intervention psychoéducative. Par son approche profondément humaine et ancrée dans la réalité du terrain, elle transforme l’expérience d’apprentissage de ses étudiantes et étudiants. Portrait d’une chargée de cours inspirante et portée par une grande générosité.

Enseigner en écoutant d’abord

Caroline Ouellet a le sourire facile. Un sourire qui ouvre la porte aux échanges. Animée par une curiosité profonde pour les autres comme pour les savoirs, elle fait de chaque rencontre une occasion d’apprentissage. Dans sa classe, l’humain n’est jamais en périphérie : il est au cœur de tout. Ce qui la guide ? « Les histoires des personnes, le contact avec les gens et surtout les voir apprendre  », dit-elle simplement.

Dans son cours, composé majoritairement de professionnel(le)s de la santé et de gestionnaires de la santé et des services sociaux en devenir, elle adopte une posture horizontale : « Je parle de collègue à collègue dans mes cours. » Loin des formats magistraux traditionnels, elle privilégie les échanges et la co-construction des savoirs. « Quand j’ai commencé ce cours il y a plusieurs années, je le faisais de façon très magistrale. Aujourd’hui, on a beau être 96 personnes, je lance des discussions dans des salles séparées en ligne, puis on échange. » Cette manière de croiser les perspectives rend les contenus plus riches, mais surtout plus proches de la réalité professionnelle des étudiantes et étudiants.

Cette capacité à écouter et à s’adapter en permanence a été saluée par Isabelle Chiasson‑Lévesque, responsable de programmes pour le certificat en santé publique, le certificat en intervention psychoéducative et le certificat en gestion des services de santé et services sociaux, lors de la remise du Prix d’excellence en enseignement à Mme Ouellet, à la soirée des Prix d’excellence 2026 de la Faculté de l’apprentissage continu (FAC) : « Dès les premiers instants d’un cours, Caroline Ouellet fait un choix fondamental : celui d’écouter. Écouter les parcours, les expériences, les défis. Que le groupe rassemble des professionnel(le)s de la santé, des intervenant(e)s psychosociaux ou des personnes issues d’horizons inattendus, elle transforme cette diversité en richesse pédagogique. À chaque cours, chaque trimestre, elle ajuste, elle module, elle rend chaque contenu vivant, concret, pertinent et applicable pour chacune et chacun. »

Un parcours façonné par l’expérience et la rencontre

Derrière sa pédagogie, c’est son parcours de psychologue chevronnée, façonné par le terrain, par les rencontres notamment avec les communautés autochtones et les vétérans, qui éclaire sa manière unique d’enseigner. Passionnée dès son jeune âge par la santé intégrative, Caroline Ouellet entreprend un baccalauréat en psychologie à l’Université McGill, puis une maîtrise en nutrition à l’Université de Montréal. C’est en étudiant les plantes de la forêt boréale qu’elle est amenée à séjourner longuement dans différentes communautés autochtones. Ces rencontres marquantes changeront son parcours. Au contact des communautés, elle découvre leurs réalités complexes et leurs besoins criants. Elle comprend qu’elle souhaite y consacrer sa carrière. Elle retourne alors à l’université, à l’Université du Québec à Montréal cette fois-ci, pour entreprendre un doctorat en psychologie communautaire. Dans le cadre de ses recherches, elle retourne sur le terrain.

Mais face aux traumas vécus chez les Inuit et les Premières Nations, elle prend conscience des limites de sa posture et son manque de légitimité. Elle comprend la nécessité de renforcer son expertise. Elle choisit alors de se confronter à une clientèle éloignée de ses cadres de référence, une décision déterminante qui amorce un virage marquant dans son parcours. Elle rejoint l’Hôpital Sainte‑Anne pour anciens combattants et travaille auprès de vétérans, se spécialisant dans les thérapies liées aux traumas, à la douleur chronique et aux blessures de stress opérationnel. Cette expérience, profondément différente de ses repères initiaux, devient un levier puissant qui enrichit son travail auprès des communautés autochtones.

Aujourd’hui, elle œuvre à titre de psychologue au CIUSSS de l’Ouest‑de‑Montréal, à la Clinique de blessures de stress opérationnel (CBSO), et continue d’alimenter son enseignement par sa pratique. « L’enseignement me permet d’être toujours à jour professionnellement. Inversement, le fait de pratiquer comme psychologue clinicienne me permet d’avoir des exemples riches et concrets en classe. » explique la chargée de cours.

Coconstruire le savoir, au plus près des réalités

C’est donc à partir de son expérience professionnelle que Caroline Ouellet construit ses cours, qu’elle ancre résolument dans le réel. Elle y propose notamment une perspective essentielle sur les réalités autochtones. Et surtout, elle crée un espace où ces voix peuvent être entendues  : « J’invite les personnes autochtones à participer en tant que telles et à prendre part, quitte à me contredire. » partage-t-elle.

Cette volonté de coconstruction s’illustre notamment dans le projet de délocalisation du certificat en intervention psychoéducative au centre Mamik Lac-St-Jean, qui lui a valu le prix d’excellence en enseignement 2026 de la FAC. Ce projet, porté par la politique de décolonisation, réconciliation et autochtonisation de la Faculté, vise à offrir des formations universitaires directement dans les communautés autochtones. Contre tenu de son expérience, c’est bien sûr à Madame Ouellet qu’Isabelle Chiasson-Lévesque a pensé pour offrir le cours en Promotion et éducation à la santé. Pour ce cours, l’enseignante n’a pas simplement adapté son enseignement : elle l’a repensé en profondeur. Plutôt que d’imposer un contenu préétabli, Caroline Ouellet choisit de bâtir avec les personnes étudiantes un enseignement sur mesure, tout en l’adaptant aux exigences universitaires les plus rigoureuses. « Je leur ai dit de me partager leurs programmes en santé et services sociaux, et que nous allions construire ensemble le cours à partir là », raconte-t-elle. Ensemble, ils travaillent sur des enjeux concrets : prévention des dépendances, accompagnement des jeunes mères, développement des 0‑5 ans, engagement des jeunes dans leur communauté.

Cet espace d’apprentissage où les savoirs scientifiques et les savoirs issus des communautés dialoguent avec respect, c’est la marque de son enseignement. « Oui, je viens en cours avec mon chapeau d’experte en psychologie et en enseignement. Mais la vérité, c’est que je ne connais pas la réalité de chacun(e). Il faut rester ouvert et curieux. » partage la chargée de cours avec humilité. Une posture qu’elle incarne et transmet, en reconnaissant les biais, les rapports de pouvoir et la nécessité de créer des espaces sécuritaires. Comme le souligne Isabelle Chiasson‑Lévesque, son enseignement permet « d’apprendre à intervenir autrement, à réfléchir avec nuance et à reconnaître la valeur des différentes formes de savoir ».

Cette vision s’inscrit pleinement dans celle de la Faculté de l’apprentissage continu, qui offre des programmes axés sur la pratique et les réalités professionnelles. Grâce à des enseignantes comme Caroline Ouellet, les étudiantes et étudiants développent des compétences concrètes et une posture réflexive essentielle. Car, comme le rappelle Isabelle Chiasson‑Lévesque, « ce que Dre Ouellet transmet, ce n’est pas seulement des connaissances. Elle forme des professionnel(le)s capables de penser leur pratique, de la questionner, de l’adapter, et surtout, de la rendre profondément humaine. »