En cohérence avec sa politique de décolonisation, de réconciliation et d’autochtonisation des savoirs, la Faculté de l’apprentissage continu (FAC) de l’Université de Montréal a à cœur de multiplier les actions concrètes visant à favoriser des apprentissages ancrés dans la rencontre, l’écoute et la reconnaissance des savoirs autochtones. Elle développe des initiatives qui dépassent le cadre théorique afin de promouvoir des expériences formatrices, respectueuses des réalités et des perspectives des Premiers Peuples.
C’est ainsi qu’un groupe d’étudiantes et étudiants du cours Premiers Peuples et communication a eu, dans le cadre du certificat en communication et relations publiques, l’opportunité de vivre une expérience immersive en milieu innu, sur le site Aventure Plume Blanche, sous la guidance du passeur de culture Claude Boivin.
Une immersion au cœur du territoire et des savoirs vivants
Durant trois jours, les personnes participantes ont été immergées dans un environnement favorisant le contact direct avec les savoirs traditionnels et la culture innue. Accueillis à Mashteuiatsh dans le Nitassinan, le territoire ancestral de la nation innue, ils ont pris part à diverses activités : cérémonies spirituelles, cercles de parole, ateliers de transmission, fabrication d’offrandes et moments de réflexion. L’hébergement sur place, que ce soit en shaputuan ou en cabine en bois rond, a contribué à renforcer ce décentrement et cette ouverture à d’autres façons d’habiter et de comprendre le monde.
Encadrée par la chargée de cours Jennifer O’Bomsawin, l’expérience s’est enrichie de la présence de Madame Mélanie Paul, qui a offert une cérémonie d’ouverture ainsi qu’un atelier de partage portant notamment sur les valeurs sacrées des Premiers Peuples et les approches de co-création. L’ancien responsable du programme, Patrice Leroux, a également accompagné le groupe tout au long du séjour.
Au cœur de cette immersion, la rencontre avec Claude Boivin a marqué les esprits. Par son récit de vie, livré dans la tradition orale, il a permis aux étudiantes et étudiants d’accéder à une compréhension incarnée de l’histoire et des réalités contemporaines des Premiers Peuples. Son approche, à la fois authentique, bienveillante et empreinte d’humour, a favorisé un climat de confiance propice aux échanges et à l’introspection.
Une expérience qui transforme les perspectives
Les témoignages recueillis confirment l’impact profond de cette expérience. Plusieurs évoquent une véritable transformation de leurs perspectives : une meilleure compréhension du lien au territoire, une prise de conscience de leurs biais, ainsi qu’une réflexion engagée sur leur rôle d’alliés. La richesse des enseignements liés à la nature, la puissance des échanges en cercle et la qualité de l’accueil ont été unanimement saluées. Comme l’a résumé une personne participante : « Quel privilège nous avons eu ! C’est de loin mon plus beau cours à vie. »
Une pédagogie alignée avec les principes de décolonisation
Cette initiative, soutenue par la direction des programmes de la FAC, son vice-décanat aux études, ainsi que l’AGEEFAC, l’association étudiante de la FAC, qui a joué un rôle déterminant pour la réalisation financière de ce projet illustre une orientation pédagogique claire. En intégrant des approches expérientielles et en valorisant les savoirs autochtones, la Faculté contribue à reconnaître la pluralité des modes de connaissance et à former des professionnels et professionnelles plus sensibles, informés et engagés.
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