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Ode au REM

Le ruban de métal

Par Isabelle Petit, responsable de programmes à la FAC

 
Pendant plus de six ans, nous l'avons attendu. Le chantier du REM s'étirait sous nos yeux, avec ses promesses cabossées, ses haltes imprévues, ses saisons de silence et quelques rares sursauts d'étincelles. Le rêve qu'il portait pâlissait peu à peu, comme une estampe japonaise que le soleil effleure de ses rayons, et dont les couleurs se retirent discrètement, sans renoncer à leur beauté.

Or aujourd'hui, voilà que la magie se déplie. Le ruban de métal s'étire dans la ville. Renversant l'arithmétique du temps, il scelle des espaces éloignés et rapproche des communautés trop longtemps séparées. En traversant les campus de l'Université de Montréal et de McGill, il ne transporte plus seulement des voyageurs, mais aussi des idées, des élans, des promesses de découvertes. À chaque station, il recueille fragments de savoirs, conversations inachevées, éclats de curiosité qui se déposent entre ses parois comme une fine poussière d'intelligence en mouvement.

Si longtemps attendu et désiré, le serpent d'argent n'est déjà plus un simple moyen de transport. C'est une veine neuve dans les entrailles de la ville, une ligne de lumière qui murmure : « Laisse-toi porter. Je déplie la constellation des pulsations urbaines sous tes pas et j'emporte avec moi les pensées qui naissent dans les hautes sphères du savoir. »

Il s'immisce déjà dans notre imaginaire, comme un poème qui aurait enfin trouvé son rythme. Et lorsque ses portes se sont ouvertes, nous nous sommes glissés en lui comme on pénètre dans un foyer, accueillis par la chaleur d'un jour nouveau.