À 27 ans, Shawn-Patrick Martel, diplômé du certificat en gestion des services de santé et des services sociaux de la Faculté de l’apprentissage continu, incarne à merveille la persévérance et la curiosité intellectuelle. Diagnostiqué très jeune du syndrome de Gilles de la Tourette et du TDAH, il a dû composer avec les doutes qui ont trop souvent troublé son chemin. Aujourd’hui, il poursuit une maîtrise en administration des services de santé à l’Université de Montréal, un accomplissement qu’il doit autant à son travail acharné qu’à sa capacité à transformer les obstacles en moteurs d’apprentissage. Portrait d’un étudiant passionné.
Quand Shawn-Patrick Martel évoque son parcours, il le fait avec transparence, lucidité et une fierté assumée. « Au secondaire, on me répétait que je n’irais pas au cégep, et encore moins à l’université », lance-t-il d’emblée. Le jeune Montréalais, originaire de Montréal-Nord, reçoit très tôt un diagnostic de Gilles de la Tourette et de TDAH. L’école devient un défi quotidien. « J’avais beaucoup de tics et de difficultés de concentration. Disons que ce n’était pas toujours simple », se remémore-t-il. Malgré les préjugés, il obtient son diplôme d’études secondaires, puis entre au cégep en sciences de la nature, avec l’objectif de devenir médecin. Le projet ne se concrétise pas, mais ouvre la porte à une réflexion plus large sur son rôle dans le réseau de la santé. « Je savais que je voulais contribuer à améliorer la qualité de vie des gens, et j’ai vite compris que la médecine n’était pas la seule voie. »
Cette prise de conscience marque un tournant. Shawn-Patrick décide d’explorer la gestion des services de santé, un domaine où stratégie, organisation et innovation se conjuguent pour transformer concrètement le système.
Un baccalauréat par cumul pour trouver sa voie
Après avoir amorcé un parcours en administration à l’UQAM, Shawn-Patrick découvre qu’il peut personnaliser sa formation. « La responsable du programme m’a expliqué que je pouvais faire deux certificats à l’UQAM et le troisième ailleurs, pour créer ma propre spécialisation. » C’est là que l’aventure à la Faculté de l’apprentissage continu (FAC) de l’Université de Montréal débute pour l’étudiant.
Ce choix s’avère décisif. À la FAC, il complète le certificat en gestion des services de santé et des services sociaux, qui lui permet de bâtir un profil parfaitement aligné sur ses aspirations. « Je ne connaissais pas la FAC avant, mais maintenant, je peux affirmer que je ne regrette pas du tout mon choix ! » C’est en construisant son baccalauréat par cumul qu’il trouve sa voie.
Il étudie à temps plein, tout en étant travailleur autonome comme technicien en pharmacie. Entre deux cours du soir en ligne et des remplacements en Abitibi, il affine son sens de l’organisation. « J’étais capable de gérer moi-même mes horaires, mes contrats, mon salaire. Une vraie école de gestion, en dehors des cours ! », plaisante-t-il, avec une vraie touche de maturité.
Au fil de son passage à la Faculté, il découvre un environnement d’apprentissage à taille humaine, où la proximité avec le corps enseignant fait toute la différence. « À la FAC, tu sens que tu es épaulé. Les chargés de cours comprennent les réalités des étudiants adultes. Tu n’es pas lancé seul dans une cage avec un « bonne chance ». Un gros détail qui fait que je conseillerais cette faculté à n’importe quelle personne qui sait ce qu’elle veut. »
De l’autre côté du décor
Aujourd’hui, Shawn-Patrick ne se contente plus d’être étudiant. Il est aussi auxiliaire d’enseignement à la FAC, dans un cours qu’il affectionne particulièrement. Le cours Leadership et influence (ASA2350G), enseigné par Brigitte Desranleau. « C’est une chargée de cours avec laquelle je m’entends super bien. J’ai tellement aimé son cours que j’ai voulu m’impliquer. »
Cette collaboration dépasse le simple cadre académique, elle devient une véritable relation de mentorat. « Brigitte m’a poussé à avoir confiance en moi. C’est une des personnes qui m’a le plus appuyé dans mon parcours, même sans le savoir. Elle croit profondément au potentiel de ses étudiantes et étudiants, parfois plus qu’eux-mêmes. » Il ajoute, ému : « Avant, j’avais souvent peur de ne pas être à la hauteur. Grâce à elle, j’ai compris que j’avais les compétences pour être un acteur de changement dans le système de santé. » Cette expérience lui permet aussi de développer une approche humaine et patiente dans son propre accompagnement. « Travailler avec les étudiantes et étudiants m’a appris à respecter les rythmes d’apprentissage, à être plus à l’écoute. C’est drôle et en même temps édifiant, mais je me rends compte que j’ai beaucoup appris sur moi-même en aidant autrui à apprendre. »
Vers la transformation numérique du système de santé ou le droit
Désormais inscrit à la maîtrise en administration des services de santé à l’Université de Montréal, Shawn-Patrick poursuit son ascension. « J’ai commencé la maîtrise en me disant que ça allait être difficile, mais je me suis vite rendu compte que ce que j’avais appris à la FAC m’avait vraiment bien préparé. » Résultat ? Des notes impressionnantes bien au-dessus de la moyenne générale. « Un professeur m’a même dit : « Je pense que tu n’es pas à ta place ici ! » en raison de l’enseignement tellement complet que j’ai reçu pendant mon certificat à la FAC », raconte-t-il fièrement.
L’ambition du futur gestionnaire se précise. Il veut contribuer à moderniser le réseau de la santé, notamment à travers la transformation numérique, thème qu’il découvre au cours de sa maîtrise et qui le passionne. « La technologie de l’information a un potentiel énorme pour améliorer les soins et l’organisation. Gérer des changements numériques en santé, c’est quelque chose qui m’intéresse énormément. » Des projets, Shawn-Patrick en a plusieurs qui fulminent dans sa tête. « Peut-être aussi que je finirai par faire du droit dans le réseau de la santé ! J’ai déposé ma candidature à la maîtrise en droit, parce que j’aimerais aussi protéger les patientes, patients et spécialistes du domaine. » Shawn-Patrick a le pouvoir d’endosser plusieurs capes. Toutes plus à son honneur les unes que les autres.
Dans tous les cas, une constante clairement définie demeure. Sa volonté d’avoir un impact positif à grande échelle. « J’ai compris que pour améliorer la santé de la patientèle, il ne faut pas seulement travailler à l’échelle individuelle. Il faut penser plus globalement, aux processus, aux décisions, à l’organisation. »
Croire en soi, malgré tout
Quand on lui demande ce qu’il dirait à l’adolescent qu’il était, celui que la société éloignait de la voie des études, il prend un instant de réflexion. La question n’est pas banale. Elle éveille en lui sûrement beaucoup de souvenirs et réouvre des plaies qui ont mis du temps à être pansées. « Je lui dirais qu’il est capable, même si les journées semblent longues, même si tout paraît difficile. Je lui dirais de ne pas avoir peur de ses différences, confie-t-il la voix chargée d’émotion. Je lui dirais de croire aux personnes qui croient en lui, comme Brigitte. De ne jamais sous-estimer l’impact positif que les gens peuvent avoir sur son parcours. »
Aujourd’hui, Shawn-Patrick ne se définit plus par les obstacles qu’il a rencontrés, mais par la persévérance qu’il a déployée pour les surmonter. Son parcours le prouve. Parfois, le plus grand leadership, c’est d’avoir su croire en soi, même quand les autres n’y croyaient pas encore.
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