Curieuse, passionnée et toujours en mouvement, Nelly Drouet n’a jamais cessé d’apprendre. Après un parcours rempli de découvertes, du bénévolat en Asie à la communication en développement durable, elle choisit de reprendre des études à la Faculté de l’apprentissage continu (FAC) de l’Université de Montréal. Une décision guidée par l’envie d’être utile, de s’ouvrir à de nouvelles perspectives, et qui l’a menée jusqu’à un intérêt profond pour les peuples autochtones et la reconnexion à la nature.
Née aux confins de l’océan Indien et du continent africain, à Madagascar, Nelly Drouet grandit sur l’île rouge, bercée par sa culture jusqu’à ses 18 ans. Étudiante en section scientifique au sein du système d’enseignement français, elle rêve déjà d’ailleurs, mais sans savoir exactement où cela la mènera. « Quand j’ai quitté Madagascar, j’avais envie un jour de faire quelque chose d’utile pour mon pays », se souvient-elle.
Direction la France, et plus précisément Ivry-sur-Seine, une bourgade du Sud parisien, où elle s’inscrit dans une école de photographie « un peu par hasard », dit-elle en souriant. Elle travaille dans le milieu de la photo, sans réelle passion. Elle sent que la vie l’appelle ailleurs.
C’est finalement un voyage qui bouleverse tout. Après plusieurs mois à sillonner la Nouvelle-Zélande et l’Asie du Sud-Est, elle finit par faire du bénévolat en permaculture et auprès de jeunes locaux, au Laos. Une expérience marquante. « Touchée par ce que j’ai vécu, j’ai su que je voulais continuer à aider », explique Nelly comme pour annoncer la suite de son parcours. Le fil conducteur de sa vie vient de se tisser.
Engagement communautaire et découverte de soi
En 2017, encore en vadrouille ! Cette fois, Nelly rejoint sa sœur au Canada grâce à un visa voyage-travail. Elle s’implique dans plusieurs associations, multiplie les rencontres et goûte au plaisir de l’engagement collectif. Deux ans plus tard, elle s’inscrit à l’UQAM pour un certificat en animation culturelle. Un premier retour aux études réussi, mené à temps plein, tout en travaillant de petits boulots à côté.
Les expériences s’enchaînent ensuite à la Chambre de Commerce de l’Est de Montréal (CCEM) d’une part, puis à La Table de quartier d’Hochelaga-Maisonneuve (LTQHM) d’autre part. C’est lors de cette deuxième expérience professionnelle qu’elle découvre plus en profondeur le monde communautaire, ce mélange d’action locale et de solidarité humaine qui lui rappelle ses expériences de bénévolat à l’étranger. Puis un déclic survient. « Je travaillais avec une personne incroyable, très altruiste. Elle m’a donné le goût d’être dans le partage, d’aider, d’accompagner pour des causes nobles et moins corporatives », se souvient Nelly. Cette rencontre allume l’étincelle. Nelly veut approfondir ses connaissances, comprendre les enjeux mondiaux, et se rapprocher du domaine de la coopération internationale.
Un certificat qui change tout
En septembre 2023, elle s’inscrit au certificat en coopération et solidarité internationales à la FAC. Le programme, centré sur la pratique et l’action, correspond parfaitement à ses aspirations. « Quand j’ai regardé la structure du programme, j’ai su tout de suite que c’était ce qu’il me fallait. Ça répondait exactement à mes attentes », confie Nelly qui prend conscience à ce moment précis qu’elle a trouvé sa voie. « Reprendre mes études m’a permis de comprendre où étaient mes valeurs et vers quoi je voulais vraiment aller. »
Au moment de son inscription, Nelly travaille pour une agence-conseil en développement durable, tout en suivant cinq cours à temps plein lors du trimestre d’automne. Pas facile, certes, mais avec de la volonté et une organisation hors pair, elle réussit avec brio à jongler entre communication, ressources humaines, finances, et études universitaires. Un rythme intense, mais formateur. « L’automne 2023 a été difficile, admet-elle. Heureusement, la plupart des cours étaient en ligne. Le cours sur les questions autochtones dans le monde se donnait en présentiel, ce qui faisait aussi vraiment du bien. C’était vivant, participatif, inspirant. » C’est d’ailleurs ce cours sur les peuples autochtones dans le monde qui va transformer sa manière de voir et comprendre les choses. « Grâce à ce cours, j’ai pris conscience de la richesse et de la diversité des savoirs autochtones, mais aussi de leur actualité. Ça m’a poussée à réfléchir à notre propre relation à la nature, à la terre. » Une réflexion en phase avec les enjeux de société, dans un contexte où les questions de réconciliation et d’écologie occupent une place centrale.
« Reprendre mes études m’a permis de comprendre où étaient mes valeurs et vers quoi je voulais vraiment aller. »
Une mise au vert et de nouvelles perspectives
Aujourd’hui, Nelly continue de s’impliquer auprès de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), où elle participe à la table de concertation jeunesse et organise des événements sur la coopération. Son parcours à la FAC lui permet de structurer ses idées, de consolider ses valeurs et de renforcer sa confiance. « Avant, je pensais surtout à avoir de bonnes notes. Maintenant, j’ai conscience que ce que j’apprends, je pourrai surtout l’appliquer dans la vraie vie. »
Son avenir s’écrit à la croisée des chemins entre nature, accompagnement et solidarité. Elle envisage un troisième certificat en intervention psychosociale, pour développer ses compétences d’écoute et d’accompagnement, dans une optique de baccalauréat par cumul. « C’est ça l’apprentissage continu, un peu comme la vie il évolue tout le temps. Chaque jour est différent, chaque jour on apprend quelque chose », résume Nelly.
De Madagascar à Montréal, de la photographie à la coopération internationale, le parcours de Nelly est la preuve qu’il n’est jamais trop tard pour redonner du sens à son parcours et que reprendre ses études est parfois la meilleure façon d’ouvrir son esprit et de nouvelles portes.
Pour en savoir plus sur le certificat en coopération et solidarité internationales.